LE   COTON

Le coton provient du système pileux adhérant à la graine d'un arbuste mesurant 1 mètre environ appelé "Gossypium" ou plus simplement cotonnier. Arrivé à maturité, la fleur se fane et le fruit s'ouvre laissant apparaître une boule de fibres blanches torsadées de la grosseur d'une noix. Celle-ci se compose de 90% de cellulose, les 10% restant contiennent de la cire et des protéines. Frais et léger, le coton se laisse facilement teindre et son entretien et des plus simple. On l'utilise fréquemment dans la literie naturelle grâce à son pouvoir d'absorption de la transpiration et ce qui et agréable, il ne provoque aucune allergie. Notre fournisseur autrichien nous prépare un coton non traité et non blanchi au chlore.

70 % du marché mondial des textiles, 20 millions de tonnes produites chaque année, 2,4 % des surfaces cultivées de la planète, tel est, en trois chiffres, le coton aujourd'hui. Mais trois autres chiffres donnent à réfléchir : le coton, c'est aussi 25 % des insecticides utilisés dans le monde, un million de personnes intoxiquées par ces derniers et 20 000 morts chaque année. Ce sont également des centaines de millions mètres cubes d'eau d'irrigation - qui pourraient servir à augmenter les rendements des cultures vivrières - et une des plus grandes catastrophes écologiques du XXe siècle : l'assèchement de la mer d'Aral et son irrémédiable pollution. Faut-il donc renoncer au coton au profit d'autres fibres naturelles ? Il est vrai que jusqu'au XIXe siècle on s'en passait fort bien, mais pour certaines utilisations le coton n'est pas facile à remplacer, et le boycotter reviendrait à priver de l'essentiel de leur revenu monétaire des millions de petits paysans, notamment indiens et africains.   Bio Respect

• Une étude américaine souligne l’avancée du coton biologique dont les ventes ont plus que doublé depuis 2001.
• Les Etats-Unis sont aujourd’hui les premiers producteurs au monde du coton bio.
• Mais des effets pervers sont à craindre pour les pays du Sud qui développent leurs propres projets bio...

Le coton bio ne totalise que 0,1 % de la production mais il progresse… Victoire du bon sens ? On serait tenté de l’affirmer quand on examine le bilan écologique et sanitaire catastrophique du coton. Avec seulement 3 % des surfaces cultivées, la culture du coton absorbe 25% des insecticides utilisés sur la planète, intoxiquant au passage 1 million de personnes et en tuant, chaque année, 22.000. Sans parler des problèmes d’irrigation : il a asséché la mer d'Aral. L’aspect social de la culture ne vaut guère mieux. Le bio semble la réponse de bon sens, à n’en pas douter.

La problématique serait simple s'il n'y avait la mainmise des Etats-Unis sur la production de coton d'une part et de coton bio d'autre part. Verra-t-on apparaître, pour le coton bio, le même phénomène que pour le coton traditionnel ? Les Etats-Unis ont dérégulé les échanges mondiaux en augmentant leur production et ce, à grand coup de subventions. Les effets de ce dumping ont été durs pour de nombreux pays, notamment, en Afrique de l’Ouest où le coton représente la principale source de devises. Va-t-il se passer la même chose pour le coton bio ?

En cette matière, les déséquilibres de l’offre peuvent s’avérer dangereux et pousser le cours des prix à la baisse. Dans ce cas, des initiatives de développement basées sur la culture biologique du coton et qui donnent pourtant de bons résultats seraient probablement contraintes à l’abandon. Ce qui représenterait une perte sèche pour l'Inde ou l'Afrique dont les projets ont en outre le mérite de se doubler d’une dimension « commerce équitable ».

A l’avenir, l’augmentation des ventes mondiales de coton bio s’accompagnera-t-elle d’une croissance proportionnelle de la production américaine? Vraisemblablement car à court terme, le marché paraît juteux. Dès à présent, Nike arrive en tête des acheteurs de coton bio et s’est engagé à utiliser 100% de coton biologique dès que le marché le permettra. Des marques grand public, ainsi que quelques marques de prêt-à-porter de luxe telles que Stella McCartney lui emboîtent déjà le pas. Et on pressent une augmentation exponentielle des ventes pour les années à venir. Mais pour quelles filières ? Avec quels objectifs ?

Des initiatives telles celles d’Helvetas (Mali, Burkina, Sénégal, Kirghistan) qui misent sur une chaîne allant de la culture de coton jusqu’au vêtement fini dont chaque maille doit obéir aux critères du développement durable et de commercialisation équitable auront-elles encore l’opportunité d’exister face à une machine américaine dopée par les subventions ? 
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